Quels sont les liens entre stress et addiction ?

La dépendance aux substances psychoactives constitue sans nul doute une situation nuisible au bien-être d’une personne. Pourtant, nombreux sont ceux qui persistent de nos jours dans la consommation de certaines drogues en vue de se soulager du stress. Quel lien existe-t-il alors entre addiction et gestion du stress ? Nous vous proposons un tour d’horizon sur la question.

Le stress: qu’est-ce que c’est ?

Pour comprendre la corrélation entre le stress et la dépendance aux drogues, il importe de procéder à une clarification conceptuelle majeure. Le mot « stress » tel qu’il s’emploie dans le langage courant provient de la biologie. Il a été utilisé pour la première fois par Walter Cannon ; un physiologiste du début du XXe siècle. Il décrit les forces qui déclenchent des réponses servant à l’organisme de s’adapter à des situations contraignantes.

Ainsi, le stress constitue a priori une situation ordinaire qui n’induit pas de traitement qu’il s’agisse de drogues ou de plantes anti-stress. Il est normalement adaptatif et permet de mieux appréhender les événements en vue d’une réaction optimale. Toutefois, ses forces peuvent également intervenir lors de traumatismes émotionnels (perte d’un proche, conflit social, harcèlement, état de manque…) ou de menaces dont la gestion apparaît comme complexe.

Les effets des drogues dans la gestion du stress

Si le stress est censé nous aider à fournir des réponses adaptées aux demandes de notre environnement, il n’est pas toujours évident de le gérer convenablement. Son mécanisme déclenche des réactions spontanées, souvent non maitrisées et déplaisantes dans notre organisme en vue de nous aguerrir aux situations. Pour alors mieux traverser ces influences d’inconfort, le recours aux drogues se révèle comme un moyen aux conséquences variées.

Il existe différentes catégories de drogue :

  • Les opiacés (morphine, héroïne) ;
  • Les psychostimulants (cocaïne, amphétamine) ;
  • Les nicotiniques ;
  • Les cannabinoïdes.

Quelles que soient leurs appartenances, elles affichent à leur consommation un point commun qui consiste en la libération de dopamine dans le système de récompense. Autrement dit, elles procurent une sensation de plaisir qui permet de passer agréablement les impacts du stress.

Mais cela dit, notre organisme a tendance à rechercher une certaine stabilité de fonctionnement en vue d’apporter des réponses précises aux situations contingentes. Ainsi, lorsqu’il obtient une solution apparemment convenable à un problème, il modifie les circuits neuronaux en vue de solliciter la même approche en temps opportun. C’est alors qu’une fois la consommation des substances psychoactives constatée, les risques de dépendance naissent ; limitant les possibilités d’une autogestion du stress.

Stress répétés ; facteur aggravant du risque d’addition

Prendre ponctuellement un produit en vue de gérer le stress ne présente pas un véritable risque de dépendance pour une personne. Mais lorsque l’organisme se trouve soumis à des situations régulières de stress ou d’anxiété, l’addition aux drogues semble inéluctable. En réalité, la fréquence des traitements augmente les réponses comportementales aux drogues.

Justement, le circuit du stress se révèle comme une boucle vicieuse qui s’auto alimente. Il s’adapte à l’usage des drogues et se met en hyperactivité lorsque la consommation cesse. Pour donc retrouver un certain soulagement, l’individu doit reprendre du produit. Dans le cas contraire, il adopte des attitudes aussi bien agressives et défensives liées à son envie de consommer. La situation peut s’étaler sur une longue durée d’autant plus que la dépendance s’est renforcée pendant longtemps.

Stress et rechute

L’addiction est une maladie chronique qui se caractérise par un risque de rechute. Ainsi, lorsqu’une personne réussit à pratiquer une longue période d’abstinence, elle n’est pas tout à fait hors d’atteinte de la consommation des drogues. Effectivement, si elle se trouve confrontée à une situation de stress grave (au-dessus de celles usuellement vécues), une féroce envie du produit renaît en lui. Un accompagnement spécialisé apparaît alors comme indispensable pour vaincre cette tentation.

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